Let the Sun shine!
Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres, si imparfaits et si affreux."
Alfred de Musset, On ne badine pas avec l'amour, Acte II Scène 5.
"On pourrait dire. . . Oh!. . . Bien des choses en somme. . .
En variant le ton, par exemple, tenez :
Agressif : "Moi, monsieur, si j'avais un tel nez, il faudrait sur le champ que je me l'amputasse!"
Amical : "Mais il doit tremper dans votre tasse! Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap!"
Descriptif : "C'est un roc!. . . C'est un pic!. . . C'est un cap! Que dis-je, c'est un cap?. . . C'est une péninsule!"
Curieux : "De quoi sert cette oblongue capsule? D'écritoire, monsieur, ou de boîte à ciseaux?"
Gracieux : "Aimez-vous à ce point les oiseaux que paternellement vous vous préoccupates de tendre ce perchoir a leur petites pattes?"
Truculent : "Ca, monsieur, lorsque vous pétunez, la vapeur du tabac vous sort-elle du nez sans qu'un voisin ne crie au feu de cheminée?"
Prévenant : "Gardez-vous, votre tête entrainée par ce poids, de tomber en avant sur le sol!"
Tendre : "Faites-lui faire un petit parasol de peur que sa couleur au soleil ne se fane!"
Pédant : "L'animal seul, monsieur, qu'Aristophane appelle Hippocampélephantocamélos dût avoir sous le front tant de chair sur tant d'os!"
Cavalier "Quoi, l'ami, ce croc est a la mode? Pour pendre son chapeau, c'est vraiment très commode!"
Emphatique : "Aucun vent ne peut, nez magistral, t'enrhumer tout entier, excepté le mistral!"
Dramatique : "C'est la Mer Rouge quand il saigne!"
Admiratif : "Pour un parfumeur, quelle enseigne!"
Lyrique : "Est-ce une conque, êtes-vous un triton?"
Naif : "Ce monument, quand le visite-t-on?"
Respectueux : "Souffrez, monsieur, qu'on vous salue, c'est là ce qui s'appelle avoir pignon sur rue!"
Campagnard : "Hé, arde! C'est-y un nez? Nanain! C'est queuqu'navet géant ou ben queuqu'melon nain!"
Militaire : "Pointez contre cavalerie!"
Pratique : "Voulez-vous le mettre en loterie? Assurément, monsieur, ce sera le gros lot!'
Enfin, parodiant Pyrame en un sanglot : "Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître a détruit l'harmonie! Il en rougit, le traître!"
Voilà ce qu'a peu près, mon cher, vous m'auriez dit si vous aviez un peu de lettres et d'esprit,
Mais d'esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n'en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous n'avez que les trois qui forment le mot : sot!
Eussiez-vous eu, d'ailleurs, l'invention qu'il faut,
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
Me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n'en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d'une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve,
Mais je ne permets pas qu'un autre me les serve".
Acte I, scène IV extrait de Cyrano de Bergerac, d'Edmond Rostand.
Salle Richelieu - Comédie-Française, 2 rue de Richelieu, Paris 1er du vendredi 6 octobre 2006 à février 2007.
Par Valérie, Mardi 10 Janvier 2006 à 17:18 GMT+2 dans Envie de lire (article, RSS)






